Week-end parisien (3/3)
Dernière note sur mes seules "vacances" de l'été... à savoir mon week-end de 3 jours à Paris à l'occasion des oraux du capes.
Aujourd'hui : Dimanche...
Levé tranquillement vers 9h. Enfin une bonne nuit de sommeil ! Je descends rejoindre les autres habitants de la maison à la cuisine. Malheureusement, je ne suis pas seul : Monsieur Stress, Madame Boule-dans-la-gorge et Monsieur Noeud-à-l'estomac m'accompagnent. Au début, rien ne passe sauf un verre de jus de pomme.
"Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale"
Après un petit moment, Madame Boule-dans-la-gorge accepte de laisser passer un yaourt et deux abricots. C'est pas beaucoup pour tenir jusqu'à 17h mais c'est toujours mieux que rien.
Départ vers 11h pour l'antre du démon, le lycée Victor Duruy (toujours à l'affut derrière la rangée d'arbres, prêt à absorber toute l'énergie des pauvres candidats venus à l'abbatoir passer leurs oraux).
"Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale"
11h55 : l'heure de vérité. Avec mes 5 compères de la veille, nous pénétrons dans la pièce où nous allons découvrir nos sujets. "Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale". Il y a 6 places devant nous et nous allons nous y installer l'un après l'autre à l'appel de notre nom. "Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale". Les deux candidats se retrouvant près de la fenêtre sont toujours ceux qui ont de la géologie, les quatre autres de la biologie. "Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale". Première candidate : biologie. Deuxième candidat : biologie. Troisième candidate : biologie. "Faites que ce ne soit ni de la géologie ni de la biologie végétale".
On m'appelle enfin. Ouf, ça ne devrait pas être de la géologie. "Faites que ce ne soit pas de la biologie végétale". Après remise de l'enveloppe, nous décachetons tous six ensemble et je découvre mon sujet avec un effroi mêlé d'horreur : Le photopériodisme et la floraison. De la physiologie végétale !!!
Toute motivation et tout espoir de réussir le concours m'abandonnent. Le temps de nous rendre dans la salle de préparation et de nous indiquer où se trouve la bibliothèque à laquelle nous avons accès, et l'énergie du désespoir s'empare de moi. Je ne connais rien au sujet. Donc dans tous les cas, il va s'agir de limiter la casse. Sélectionnant avec soin les ouvrages dont je vais tirer l'intégralité de mon exposé, qui ne pourra donc être qu'assez superficiel, je commence ma préparation, avec notamment la sacro-sainte "bible" de l'étudiant en biologie préparant un coucours de l'enseignement : "Le Campbell".
Dans la salle, les préparateurs, chargés de nous apporter le matériel nécessaire pour note exposé (échantillons, lames de microscopie, diapositives, vidéos, tranparents etc...), se succèdent et prennent en charge l'un d'entre nous. Situé près de la porte, je suis le premier dont ils découvrent le sujet. Le même rituel se répète alors 6 fois : après avoir vu mon sujet, chaque préparateur migre vers les autres sujets. Jusqu'à ce que finalement la 6ème préparatrice revienne vers moi avec un "bon, ben je vais quand même m'occuper de vous" qui est des plus rassurant.
Quel sujet de merde ! Même les préparateurs n'en veulent pas ! Je tords mon esprit dans tous les sens pour tenter de trouver des supports intéressants à utiliser mais je ne trouve pas grand chose. Je demande alors un tas d'échantillons... qui s'avéreront indisponibles, des diapositives... tout aussi inexistantes... et je finis avec un pauvre pélargonium (couramment et de façon erronée appelé géranium) et un transparent.
Après 2h, on me conduit vers ma salle d'exposé... qui pour moi s'avère être un amphithéâtre (le même amphitéâtre où j'ai tiré au sort cette maudite enveloppe 78). Enfin un point positif ! Qui dit amphi dit deux tableaux donc plus de place pour écrire, ce qui me permet de le rentabiliser en reproduisant deux schémas directement au tableau.
1h plus tard, à 15h, le jury fait son entrée, me demandant si j'accepte d'avoir un public, question à laquelle je réponds oui. Suivent 30 minutes de calvaire face à 3 membres du jury et une unique spectatrice (certainement une autre candidate venue voir comment ça se passe). Le jury est composé de deux femmes dont l'une à l'air austère et d'un homme qui ne va pas arrêter de me regarder fixement. C'est déjà très dérangeant en soi et me fait plusieurs fois perdre le fil de mon exposé, mais tout à coup, je lui trouve un air de ressemblance avec mon premier mec pour qui j'ai toujours des sentiments. Evacuant aussitôt cette pensée, je poursuit mon exposé et le conclue en 25 minutes au lieu de 30.
La mise à mort n'est malheureusement pas terminée puisque, chacun leur tour, les trois membres du jury vont me poser des questions... auxquelles je ne saurais pas répondre pour la plupart. Mon cerveau me semble vide et même lorsqu'il s'agit de quelque chose que j'ai étudié, il m'est impossible de faire ressurgir la bonne réponse.
Après environ 15 minutes de calvaire, je peux enfin sortir et récupérer mes affaires. Cependant, le coup de grâce n'est pas encore tombé. Il reste encore un "second entretien" qui consistera à 20 minutes de questions sur de la géologie. En prime, puisque rien ne va comme je le veux, j'ai 45 minutes d'attente avant de passer.
J'en profite pour prendre l'air dans le jardin du lycée, où je retrouve Anëa qui fait de la broderie et s'amuse à prendre les oiseaux en photo (cliquez sur l'image pour l'agrandir et tentez de trouver l'oiseau).
16h30 : Second entretien. Comme j'ai fait un exposé de biologie, je suis interrogé sur de la géologie. 3 petits exercices : une carte géologie de la région de Chamberry, une roche et un paysage à décrire et identifier. Pour la carte, c'est l'horreur, je n'y comprends rien. Pour la roche, c'est un granite, facile à reconnaître mais plus difficile à justifier... surtout quand on se mélange les pinceaux dans les minéraux. Enfin pour le paysage, je m'en sors à peu près mais je suis beaucoup trop superficiel dans ma description.
17h : Enfin fini ! Avec Anëa, nous rentrons chercher nos affaires. J'en profite pour appeler un ami et mes parents. Puis nous prenons le chemin de la gare de l'est pour rentrer à Strasbourg. Partout, nous croisons des visiteurs de la Japan Expo, reconnaissables soit au cosplay, soit au sachet qu'ils portent. Partout, du métro parisien, au train et même au tram de Strasbourg, la Japan Expo nous poursuit. Dans le tram, nous discutons même avec deux d'entre eux.
23h15 : enfin rentré ! Bilan du week-end plutôt positif : j'ai enfin pu rencontrer Folken et Adelin. Quant au concours, je ne l'aurai sûrement pas cette année mais je suis quand même content de moi. Je suis allé au bout et j'ai fait le maximum, même avec un sujet dont je ne connaissais rien. Je n'aurai donc aucun regret.
Fin d'un week-end de folie, le week-end le plus stressant de ma vie.
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kitt67 dit | Mais si tu l'auras pffffffffff |
Folken dit | Moi aussi j'en suis sur |
Antinoüs dit | Aaargh ! Etant passé par là il y a quelques années, je stresse en te lisant par post-traumatisme !! |
greg dit | ^^ faut attendre les résultats avant de dire "je ne l'ai pas". |
curudin répond | @ kitt : on verra bien. maintenant, je ne peux plus rien y changer. |
Anëa dit | Mais oui, attends donc les résultats et tu verra bien (et moi qui sentais que ça allait bien aller :S) |
kat dit | OMG! J'en ai eu mal au bide rien qu'a te lire! Mon pauvre, ça c'est vraiment la poisse. J'te dis bravo quand même car t'as pas perdu tous tes moyens et ça c'est fort! |
curudin répond | @ Anëa : oui, je me suis dit que ce serait marrant de faire chercher l'oiseau aux lecteurs |
Hadrien dit | Article éreintant ! J'ai envie de dire "pffffffff". J'aurais jamais pu. Ca non. J'ai une collègue qui a passé le concours de l'ENM. Pareil, un truc de malade. C'est plus que de la vocation, c'est de la dévotion corps et âme. Moi je te dis bravo. |
curudin répond | @ Hadrien : merci... déjà d'avoir lu ce long (très long) article. Promis, le prochain sera plus rapide à lire et plus léger. Et merci pour tes félicitations. J'avoue qu'un concours, c'est éreintant physiquement et mentalement. |








